Baromètre de l’inclusion numérique 2026 de la Fondation Roi Baudouin : les inégalités persistent malgré une société toujours plus connectée

Baromètre de l’inclusion numérique 2026 de la Fondation Roi Baudouin : les inégalités persistent malgré une société toujours plus connectée
Fondation Roi Baudouin
En Belgique, l’accès à internet est désormais quasi généralisé. Pourtant, les inégalités numériques restent bien présentes. C’est l’un des principaux enseignements du Baromètre de l’inclusion numérique 2026, publié par la Fondation Roi Baudouin.

Si les progrès observés ces dernières années sont réels, ils demeurent limités. En 2025, 39 % des Belges âgés de 16 à 74 ans sont encore en situation de vulnérabilité numérique en raison d’une non-utilisation d’internet ou de faibles compétences numériques. Lorsque l’on inclut les personnes de 75 à 89 ans, cette proportion atteint 42 %.

Une fracture numérique qui change de visage

Aujourd’hui, les difficultés concernent moins l’accès aux outils numériques que les conditions d’accès et la capacité à utiliser les technologies de manière autonome et critique. Ainsi, 12 % des ménages à faibles revenus et 17 % des personnes isolées ne disposent toujours pas d’une connexion internet à domicile. Par ailleurs, de nombreuses personnes n’accèdent au web que via leur smartphone, ce qui peut compliquer certaines démarches essentielles.

Les personnes âgées restent particulièrement touchées : 81 % des 75-89 ans sont en situation de vulnérabilité numérique et 34 % n’utilisent pas internet. Parmi ces derniers, près d’une personne sur deux déclare ressentir un sentiment d’exclusion.

Des compétences numériques qui stagnent

Le Baromètre souligne également que les compétences numériques progressent peu. Les évolutions technologiques rapides exigent une mise à jour constante des connaissances, ce qui peut accentuer les écarts entre les publics. Les personnes peu diplômées, à faibles revenus, en mauvaise santé ou encore les demandeurs d’emploi sont davantage exposées à cette vulnérabilité numérique.

Autre constat marquant : près de trois usagers sur dix ont demandé l’aide d’un tiers pour réaliser des démarches administratives en ligne. Cette dépendance est encore plus forte chez les personnes ayant de faibles compétences numériques.

L’intelligence artificielle, un nouvel enjeu d’inclusion

Pour la première fois, le Baromètre analyse l’usage de l’intelligence artificielle. En 2025, 42 % des personnes âgées de 16 à 89 ans déclarent avoir utilisé un outil d’IA au cours des trois derniers mois. L’adoption est particulièrement forte chez les jeunes, mais beaucoup plus faible chez les personnes âgées. 

Cette évolution ouvre de nouvelles questions : au-delà de l’accès aux outils, il devient essentiel de développer les capacités à comprendre, utiliser et évaluer de manière critique ces technologies. 

Le rôle essentiel de l’accompagnement

Le Baromètre rappelle que réduire les inégalités numériques ne consiste pas uniquement à connecter davantage de personnes. Il s’agit aussi de garantir des services en ligne accessibles, de soutenir l’acquisition des compétences numériques tout au long de la vie, d’offrir un accompagnement de qualité et de maintenir des alternatives non numériques pour les démarches essentielles. 

Dans ce contexte, les acteurs de l’inclusion numérique, dont les Espaces Publics Numériques (EPN), continuent de jouer un rôle indispensable pour permettre à chacun et chacune de participer pleinement à une société de plus en plus numérisée. 

 

En savoir plus : le rapport complet du Baromètre de l’inclusion numérique 2026 est disponible sur le site de la Fondation Roi Baudouin.

Retour aux actualités